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S.8 – BAYIN BAOLIGE - ALASHAN

S.8 – BAYIN BAOLIGE - ALASHAN

Kilométrage total : 785, 11 km Secteur sélectif : 326,6 km 30% dunes / 10% sable / 25% empierré / 35% terre

 

La panoplie complète

Au lendemain d’une journée de transition et d’un peu de repos sans chrono, cette 8e étape était non seulement la plus longue mais également la plus redoutable du rallye. Les concurrents y retrouvèrent la panoplie complète des difficultés que comporte le rallye tout-terrain. Les premières grandes dunes offraient un défi important au concurrents les moins expérimentés. En respectant le bon cap on abordait ensuite une succession de nouveaux obstacles. Du sable à gogo, mais aussi des oueds, des saignées, des canyons et de larges étendues de steppes. En vue de l’arrivée, il s’agissait surtout de hausser le rythme…


@ RETENIR

# Motos : Sunderland chute, les Benavides à l’affût

# Autos : Al-Attiyah passe à sept sur sept !

# Camions : Viazovich craque, Shibalov croque

# Demain : Quand passe le marchand de sable


Motos : Sunderland chute, les Benavides à l’affût 


Qu’attendre des dunes du désert de Gobi? Les pilotes qui n’y avaient jamais posé les roues se posaient la question. Ce soir à Alashan, Kevin Benavides (Monster Energy Honda Team) nous a servi sa réponse le sourire aux lèvres : « Elles sont pareilles aux fameuses dunes de Fiambala, en Argentine… »

Pas étonnant, dès lors, que le pilote de Salta, se soit senti comme dans son jardin aujourd’hui sur cette première étape chinoise. Vainqueur pour 42 secondes seulement devant Adrien Van Beveren (Yamaha Racing Team), un autre ‘marchand de sable’, mais du Touquet celui-là, le pilote Argentin réussit un bond spectaculaire au classement général pour se replacer dans le top 3, à 25 minutes d’un Sam Sunderland (Red Bull KTM Factory), surpris par une chute et concédant plus de 7 minutes aujourd’hui. 

L’autre grand perdant du jour se nomme Oriol Mena (Hero Motorsport). Deuxième du général ce matin, l’Espagnol a concédé plus de 18 minutes sur l’étape du jour, laissant le premier accessit à Luciano Benavides (Red Bull KTM Factory), auteur du 5e chrono du jour.

A deux jours de l’arrivée à Dunhuang et avec 550 kilomètres encore à disputer au cœur du désert de Gobi, les frères Benavides remettent donc la pression sur le leader. Faites vos jeux !

Autos : Al-Attiyah passe à sept sur sept

C’est l’actualité de la semaine dans la catégorie auto : jamais dans l’histoire du SILK WAY RALLY, ni même dans celle d’autres grandes épreuves internationales de ce gabarit, un équipage n’a aligné autant de victoires d’étapes successives… Nasser Al-Attiyah et Mathieu Baumel (Toyota Gazoo Racing Overdrive) survolent littéralement cette 9e édition. 

Et pourtant, cette première étape en Chine, la plus longue du rallye, n’avait rien d’une sinécure. Sable à gogo, dunes géantes et herbes à chameaux : il y avait largement de quoi fatiguer les mécaniques et les organismes, déjà usées par près de 4.000 kilomètre de rallye. A l’arrivée, face à la statue géante de Gengis Khan, Nasser Al-Attiyah prend subitement des allures de conquérant inégalé. Victorieux, mais humble. « Il reste deux étapes à disputer jusqu’à l’arrivée à Dunhuang et tout peut encore se passer », avoue le triple vainqueur du Dakar. «Nous ne cherchons pas spécialement à gagner toutes les étapes, mais nous roulons à notre rythme. Pour avoir vu un échantillon du désert chinois aujourd’hui, je vous le répète, rien n’est joué. »

Encore deuxièmes aujourd’hui, le Néerlandais Eric Van Loon (Toyota Hilux Overdrive) a pu se reposer sur des traces de choix, mais également sur le calme et l’efficacité de son co-pilote, le Français Sébastien De Launay pour repousser les assauts de Mathieu Serradori et Fabian Lurquin (Buggy CR6 SRT), victimes d’une crevaison en milieu de spéciale. Si le Chinois Han Wei (Buggy Geely SMG) et les Français Pélichet et Larroque (Buggy Optimus Raid Lynx) complètent le top 5 du jour, les ennuis de bras de roue de Liu Kun (Buggy Hanwei SMG), place ces deux équipages en lutte étroite pour la 2e place, à une heure d’Al-Attiyah.


Camions : Viazovich craque, Shibalov croque

Son cran et sa détermination forçaient le respect. En tête depuis le départ d’Irkoutsk, lundi dernier, Siarhey Viazovich (MAZ) était entré en résistance face à l’armada Kamaz-Master, rarement mis à telle épreuve par un adversaire sur ce SILK WAY RALLY qu’elle a l’habitude de dominer de la tête et des épaules. Le pilote de Minsk abordait ces trois dernières étapes avec la ferme intentions de vendre très cher la peau de son nouveau MAZ.

 Malheureusement, les premiers cordons ont brisé ses espoirs et étouffé sa belle rébellion. Parti en tonneau à l’abordage d’une crête de dune haut perchée, le mastodonte rouge s’immobilisa net. Retombé sur les roues, on croyait le voir repartir. Mais à l’analyse, l’arceau de sécurité de la cabine avait cédé. Impossible à réparer. Contraint à l’abandon, le valeureux Biélorusse, fut contraint de déposer les armes. 

Tout profit bien évidemment pour les ‘Kamaz boys’, voyant le tapis rouge se dérouler sous leurs roues au cœur de cette étendue de sable infinie. Et s’il fallait en désigner un des quatre, ce serait naturellement le plus jeune : Anton Shibalov, encore impeccable d’efficacité aujourd’hui et bien parti pour signer sa toute première victoire sur ce rallye, suite aux ennuis de direction assistée d’Andrei Karginov, son équipier le plus menaçant au général.  


LE CHIFFRE DU JOUR

981,37

Lorsqu’une épreuve en ligne comme ce SILK WAY RALLYE traverse trois pays différents, il est inévitable que les concurrents aient à effectuer des liaisons pour retrouver les terrains de jeux propres à cette discipline. Pour les équipages auto ou camion, ce ne sont certainement pas les moments les plus agréables. Mais au moins, ils ont le loisir de profiter du paysage ou de se faire la conversation. Pour les motos, il s’agit d’une toute autre histoire. Conçues pour les terrains exigeants, les machines de rallye se transforment en véritables engins de torture sur la route. C’est pourquoi, en accord avec les organisateur, la FIM (Fédération International de Motocyclisme) a autorisé les motards à faire transporter leurs montures par leurs assistances sur les deux longues liaison reliant la Mongolie au désert de Gobi. Un total de 981,37 kilomètres qui auraient été un véritable chemin de croix pour les pilotes…


DEMAIN :

ETAPE 9 : ALASHAN — JIAYUGUAN

Kilométrage total : 501,20 km

Secteur sélectif : 290,30 km

30% dunes; 10% sable; 60% terre


Quand passe le marchand de sable

Cette avant dernier secteur sélectif prend son envol depuis le point d’arrivée de la veille. Un piste sablonneuse à la fois rapide et belle. De quoi admirer les dunes géantes du Désert de Gobi. Au fil des kilomètres, la piste se fait plus technique avec des bosses, des dunettes et des oueds à suivre, à longer ou à franchir. En vue de l’arrivée la piste se fait plus rapide.


INTERVIEWS


MOTOS


Kevin Benavides (Arg/Monster Energy Honda Team) 1er : « J’étais vraiment bien aujourd’hui. J’ai adoré cette étape. C’était totalement différent de ce que nous avons eu jusque-là. Plus de navigation, plus de désert, des dunes. La Chine est vraiment un endroit extraordinaire. Il reste deux jours et mon intention est de reprendre du temps… »


Adrien Van Beveren (Fra/Yamaha Racing Team) 2e : « J’ai retrouvé un terrain qui me convient mieux, technique et sablonneux. Je me suis bien amusé, mais sur la deuxième partie j’ai dû ralentir un peu car je commençais à me sentir mal. Je n’avais plus d’eau dans les dix derniers kilomètres. J’espère que Kevin a gagné la spéciale, comme ça il ouvrira demain… Il faut penser stratégie : Kevin est un excellent ouvreur sur ce type de terrain…»


Jose Cornejo (Chi/Monster Energy Honda Team) 4e : « Une très bonne journée pour moi. Je ne connais le résultat, mais je crois que ce sera le meilleur pour moi depuis le début de ce rallye. Les dunes et le sable, c’est ce que je préfère. Je me suis bien amusé. Pas de soucis avec la moto, ni en navigation. Tout est parfait ! » 

AUTOS


Eric Van Loon (P-B/Toyota Hilux Overdrive) 2e: « Je me souvenais que le désert de Gobi était beau, mais pas à ce point ! Nous avons roulé une superbe spéciale. Les dunes étaient incroyablement hautes. A certains endroits, nous étions incapables de suivre les traces des motos jusqu’au sommet et nous avons dû faire notre propre trace. L’herbe à chameaux était exigeant pour la voiture et… pour mon cou. Je tiens encore à remercier mon équipier pour son excellent boulot aujourd’hui. Je n’ai pas peur de dire que c’est le meilleur navigateur que j’ai eu à mes côtés depuis 12 ans ! » 


Mathieu Serradori (Fra/Buggy CR6 SRT) 3e : « Avant tout : merci à Anton Shibalov de nous avoir tracté jusqu’au bivouac car nous sommes tombés en panne d’essence juste après l’arrivée de la spéciale. Ce matin on est parti avec l’idée de tout donner. Cette spéciale c’était vraiment tout ce qu’on aime ! Comme tous les jours, on est parti à la bataille avec Nasser et Van Loon. On avait repris les deux minutes à Van Loon lorsqu’on a crevé à l’arrière droit. C’est la première crevaison du rallye donc on a mis 4 minutes à repartir. Ensuite on a attaqué très fort pour revenir au maximum. Notre devise chez SRT c’est : ‘ Pas plus vite qu’à fond !’ Donc on va tout tenter sur les deux dernières spéciale pour décrocher une victoire d’étape… »


Jérôme Pélichet (Fra/Buggy Optimus Raid Lynx) 5e : « Ce matin j’ai fait que des bêtises sur les 50 premiers kilomètres. Une catastrophe ! Ensuite le rythme est revenu et puis dès qu’on a attaqué les dunes la voitures s’est mise à chauffer. On s’est arrêté et on a constaté qu’un des deux ventilateur était en panne. On a donc passé le reste de l’étape à attaquer et… à s’arrêter pour refroidir le moteur. Au bout du compte on passe 2e au général. Evidemment, jamais je n’aurais rêvé de cela. Mais Han Wei n’est pas loin et, qui plus est, il roule dans son jardin. Donc je dirais qu’une place sur le podium à Dunhuang serait géniale ! »


CAMIONS


Anton Shibalov (Rus/Kamaz-Master) 1er: « En franchissant une dune, j’ai aperçu Viazovich arrêté sur la gauche. L’équipage avait l’air ok et je n’ai pas vu qu’il y avait des dommages au camion. Nous avons poursuivi notre route sans prendre de risques. Les dunes étaient nettement plus abruptes que les autres années. Le nez du camion heurtait chaque crête avant de sauter au-dessus de l’obstacle. Heureusement nous n’avons pas eu à nous arrêter. »

Siarhey Viazovich (Blr/MAZ) : « Nous n’avions pas l’intention d’ouvrir dans les dunes. Nous voulions que Shibalov passe devant, car c’est nettement plus simple en deuxième position. Il est revenu juste derrière nous à l’entrée de l’erg, mais il n’est pas passé. Du coup nous avons abordé les deux premières dunes en suivant les traces d’Al-Attiyah. Ce n’est pas la première fois que nous roulons dans les dunes, mais là, je ne comprends pas ce qui s’est passé, sur la deuxième crêté, le camion basculé. Je n’ai rien pu faire… C’est tellement dommage pour l’équipe, car nous pouvions gagner ce SILK WAY RALLY. »